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Catalogue de l’exposition sexinétique II (fragment)
Pedro de Oráa
 
« L’idée de mobilité de formes et de structures apparaîtrait en lui, selon une observation graduelle des ressources et en raison de la matière à travailler : quand il aborde la sculpture sur bois, réticente à sortir de son statisme, il l’affine pour rendre vibratile au contact et à la pression des doigts sur ses segments (mouvement induit par intervention du spectateur) ; en assemblant des métaux, il place ses pièces en équilibre de façon que l’air balance les unes ou les autres (mouvement induit par un agent naturel) ; en construisant des corps métalliques complexes, il introduit en leur intérieur des minimoteurs capables de générer des actions mécaniques de leurs parties (mouvement artificiel, induit par l’énergie électrique). Osneldo va d’Alexandre Calder – reconnu pour ses mobiles et ses stabiles – à Jean Tinguely - notable par ses armatures mécanisées – mais il s’en distingue par la multiplicité de propos dont ils manquent individuellement. La cinétique exerce chez le sculpteur cubain une fonction médullaire de signification et d’accent de sa propre thématique : l’éros comme jeu cathartique, le corps comme projet spatial. Des thèmes que nul n’aborde ou du moins n’aborde avec autant d’effronterie, d’humour et d’imagination que lui. »

Pedro de Oraá
Catalogue de l’exposition sexinétique
Musée national des beaux-arts, 2004