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Catalogue de l’exposition sexinétique (fragment)
José Villa
 
« Se retrouver dans son travail n’exige pas simplement un flux d’appréciations, mais un événement, une rencontre avec une thématique qui est d’ordinaire érotique, abordée selon une seule vision, mais à travers différents médias et supports qui nous conduisent de la sensualité de ses reliefs à l’agressivité de ses torses. Et il recourt dans ce but à tous les contrastes et à toutes les analogies de dimensions et de textures, à des matériaux manufacturés et mécaniques, à des formes organiques et géométriques qui se présentent à nous dans une opacité et des transparences pour harmoniser finalement, avec ces éléments, une structure finale qui provoque et justifie le mouvement, l’autre grand protagoniste de son œuvre. Osneldo García est sans doute un des pionniers de l’art cinétique dans notre milieu. Mais cette seule affirmation serait simple, car il a aussi pu, mieux que quiconque, ajouter à la cinétique – qui est d’ordinaire un art pur, calculé et propre - tous les labyrinthes de sa comédie personnelle. On ne se heurte pas seulement à une sculpture en mouvement, mais à une sculpture qui, en se mouvant, incite, provoque et confond… Nous sommes devant un artiste qui appartient à un groupe de sculpteurs peu étudiés, qui a été incompris et peu accepté à plusieurs occasions, mais qui est aussi de ceux qui explorent la création avec un individualisme marqué, sans concessions, même s’il doit pour cela transiter dans un espace peu fréquenté et moins favorisé par la demande et la reconnaissance. Pour connaître son monde – tout à fait personnel – il faut le regarder avec intensité, sans fausses ambitions, et comprendre que sa seule manière de vivre est contre vents et marées. »

José Villa,
Catalogue de l’exposition sexinétique
Musée national des beaux-arts, 2004